mercredi 27 mai 2009

Bartlett, Alicia Gimenez : Un bateau plein de riz


L'inspecteur Petra Delicado et son fidèle adjoint Garzon sont chargés dans cette nouvelle enquête de résoudre le crime d'un SDF découvert sans vie dans un parc de Barcelone au petit matin.
Particulièrement touchée par cet homme qu'elle perçoit comme
"le roi Lear seul contre les éléments déchainés abattu par une foudre arbitraire, solitaire, immobile dans la tempête et livré à son sort, rappelant par sa superbe que, même abandonné de tous, il continuait d'être roi"
elle se lance avec ardeur sur la piste des meurtriers. Mais l'affaire est plus compliquée qu'elle n'en a l'air et les premiers suspects se révèlent vite n'être qu'un leurre destiné à détourner l'attention des policiers des véritables coupables.
A la suite de Petra Delicado, on découvre le monde souterrain de Barcelone, ses SDF et ses Skinheads, qui n'est pas si différent de celui de n'importe quelle capitale européenne. C'est d'ailleurs ce qui m'a frappé dans ce roman : l'atmosphère, les lieux, les coutumes, les relations entre les personnages, rien ne les distingue réellement, rien ne semble typiquement espagnol, le récit aurait tout aussi bien pu se dérouler en France.
Petra développe une nouvelle intimité avec son adjoint qu'elle propose d'héberger le temps de la visite de son fils homosexuel et de son compagnon car Garzon a beaucoup de mal à gérer la situation et à bâtir de nouvelles relations avec son fils. La cohabitation se passe cahincaha entre ce collègue qui envahit son domaine et son nouvel amant, un psychiatre accaparant qui souhaite la pousser au mariage.
L'arrivée de Yolanda, une jeune policière qui rêve d'intégrer la brigade, exacerbe le mal-être grandissant de Garzon en lui donnant le sentiment d'être poussé à la retraite par les jeunes aux dents longues.
Le roman aurait gagné à être un peu condensé : l'auteur passe beaucoup de temps à décrire les relations entre ces personnages hauts en couleurs au détriment parfois de l'enquête qui passe au second plan rendant difficile la reprise du fil du récit.

Au final : un roman agréable, des personnages sympathiques et hauts en couleurs, dans un récit avec quelques longueurs.