vendredi 16 octobre 2009

Lambert, Christophe : Le commando des immortels


Suite à Pearl Harbor, l'armée américaine est en difficulté dans le Pacifique et n'arrive pas à contenir l'avancée des japonais en Birmanie. Devant la menace d'une défaite imminente, les Etats-Unis décident de faire appel aux Elfes, un peuple en harmonie avec la nature, aux sens plus développés que ceux des humains. Parqués dans une réserve du Parc Yosemite, le gouvernement espère leur aide en échange d'une véritable reconnaissance. Les Elfes acceptent le marché à la condition d'emmener un vieil anglais spécialiste de l'elfique nommé J.R.R. Tolkien.
Christophe Lambert est assez coutumier de l'uchronie (cf Zoulou kingdom) et livre toujours des ouvrages originaux. Directement inspiré par l'implication des Indiens d'Amérique dans le conflit de la deuxième guerre mondiale, le roman, comme le cite l'auteur lui-même, est un "Platoon elfique". Dans un style direct et visuel on suit l'expédition dans la jungle Birmane, les rencontres avec les peuplades et leurs légendes qui éveillent un écho dans l'imaginaire de Tolkien. Celui-ci n'a pas encore fini de rédiger son Seigneur des Anneaux car seul 2 tomes sont finis et il peine à en venir à bout. Bien qu'il soit relativement âgé (50 ans), dans une forme toute relative et remplit de doutes sur l'intérêt de sa présence pour la mission, il sera l'atout qui permettra au commando de réussir à survivre non seulement aux attaques des japonais mais aussi à des mystérieuses créatures qui ont tout l'air de tenir du troll.

HAYDON Elizabeth : La symphonie des siècles


Pygmalion a publié cette année le dernier tome de la série de fantasy La symphonie des siècles. L'éditeur est en effet coutumier du fait de scindre en 2 les ouvrages qui sont publiés en tomaison aux Etats-Unis, ce qui donne des séries à rallonge qu'il est pénible de réunir pour le prêt en bibliothèque ! Elizabeth Haydon combine à ses dons de harpiste et de chanteuse, des connaissances en herboristerie et les mêle étroitement à ses écrits, réussissant à créer une oeuvre imprégnée de poésie et de musicalité.
Au commencement, Rhapsody est une baptristelle (comprenez barde) qui cherche à fuir un ancien client de l'époque où elle était contrainte de se prostituer. C'est en se faisant passer pour la soeur d'un duo étonnant, qu'elle fait la connaissance de ses futurs compagnons : Grunthor, le géant cannibale au grand coeur et le "Frère" un assassin infaillible et glacial. Elle dévoile alors le talent incroyable de sa voix en changeant (chantant) accidentellement le nom de "Frère" en "Achmed le serpent" et se faisant en bouleversant sa destinée qui le condamnait à une éternité de servitude sous la coupe du F'dor. Le F'dor est le démon primordial qui tente de conquérir le monde et de détruire les continents par le feu. Contrainte de les suivre dans leur fuite, elle s'engage avec eux au plus profond de la terre, le long des racines de Sagia l'Arbre primordial qui contrôle le temps. Le voyage aux tréfonds des origines du monde va transformer et magnifier Rhapsody tout en leur faisant traverser le temps et l'espace : le reste de l'aventure se passera sur un nouveau continent.
Un des attraits de cette série est la camaraderie qui se noue, un peu malgré eux d'ailleurs, entre ses personnages si différents au départ : Rhapsody en attente de gentillesse et de tendresse, Grunthor la brute cannibale qui la prend sous son aile et Achmed, le froid calculateur qui ne se laisse jamais gagner par ses émotions. La tension toujours présente entre eux participe à la tension du récit.

DOA : Le Serpent aux mille coupures


Baptiste Latapie, paysan borné de Moissac, en pleine expédition punitive contre le "negros" du coin, assiste par hasard à une rencontre qu'il n'aurait pas du voir. Celle improbable dans ce coin perdu de France, entre le fils d'un caïd colombien et un motard. Fusillade, massacre et fuite, il se retrouve malgré lui embrigadé dans une histoire qui le dépasse et qui ne peut que mal finir. Le motard assassin prend en otage le "macaque" et sa famille, tandis qu'un tueur à gage à la solde du colombien part en quête du coupable.

Inspiré de quelques faits réels comme l'histoire d'un agriculteur de Castelsarrasin, Tewfiq Khemouche, harcelé violemment par ses voisins ; l'augmentation du trafic de drogue en Europe et les massacres perpétués en Colombie par les forces d'autodéfense unie (AUC) et leurs méthodes implacables et inhumaines de torture, le dernier roman de DOA distille une athmosphère létale assez angoissante. Le style rapide, soutient bien l'intrigue qui est suffisamment bien construite pour nous maintenir en haleine, les différents fils se croisent intelligemment et nous mène à une fin qu'on ne peut s'empêcher espérer clémente pour la famille d'Omar Petit, tellement les personnages sont attachants.
Ceux qui connaissent les romans de DOA reconnaitront sans peine dans le motard un de ses personnages récurrents déjà aperçu dans Citoyens clandestins.