mercredi 20 avril 2011

Angle mort : revue électronique sur l'imaginaire

Pour tous les amateurs de littérature de science-fiction, de fantasy et de fantastique, une bonne nouvelle !

La revue électronique Angle Mort propose des nouvelles gratuites en ligne et téléchargeables. On peut également acheter un numéro (il y en a 2 jusqu'à présent) ce qui donne accès à du contenu supplémentaire et à l'intégralité des nouvelles du numéro sous format PDF et/ou ePub.

Du côté du catalogue, on retrouve des pointures renommées en Science-fiction comme :
  • David Calvo
  • Laurent Kloetzer
  • Xavier Mauméjean
Ainsi que dans la version revue des interviews de ces auteurs. Le prix du numéro sert à rémunérer les auteurs et traducteurs.

Voici la présentation du site :

Angle Mort est une revue électronique de littératures de genre. Elle propose des nouvelles en ligne, inédites pour la plupart, en accès libre, d’auteurs francophones ou traduits.
Les genres couverts englobent notamment la science-fiction, la fantasy, le fantastique et le réalisme magique, mais la qualité des textes prime sur les conventions et étiquettes.
Angle Mort ambitionne d’explorer de nouveaux supports électroniques et d’exploiter des technologies numériques comme média de diffusion et outil artistique ; d’ouvrir un espace de publication électronique aux nouveaux courants littéraires et aux auteurs tant confirmés que débutants.
L’accent est mis sur des mises à jour régulières, à travers la publication fréquente de nouvelles. La formule, simple pour l’instant, est vouée à évoluer et se développer.
La rédaction de la revue est bénévole, mais fait une de ses priorités de payer auteurs, traducteurs et illustrateurs en recherchant des fonds par de multiples moyens

Fonteneau, Pascale : Propriétés privés

Résumé :

On n'est jamais mieux surveillé que par ses voisins. Dans le lotissement des Fleurs, on s'organise en milice, ce qui n'empêche pas la découverte de cadavres imprévus au programme. Un roman grinçant, façon “Strip-tease”, pour dénoncer les dérives sécuritaires.


Mon avis :

Malgré le résumé du livre, le sujet n’est pas tant les milices citoyennes qui se développent dans des quartiers en France, que le portrait du personnage principal Henri Frot. De ce point de vue, le livre est un peu décevant car on s’attend à un développement sur les dérives sécuritaires et, même si le sujet est abordé, ce n’est pas lui qui ressort à la fin de la lecture. Il sert plutôt de prétexte à la description des états d’âmes du « héros », personnage veule, insipide et égoïste s’il en est, et, si on connaît le fin mot de l’histoire et la machination qui se cache derrière le meurtre du patrouilleur, c’est à travers l’œil d’Henri et sa perception des évènement qu’elle se dévoile.

Kallentoft, Mons : Hiver

Mardi 31 janvier, 7h22 du matin, il fait encore nuit à Ostergötland. Ce mois de février est l’un des plus froids qu’on ait connu en Suède. Ce matin-là, la jeune Malin Fors et ses collègues de la Criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, attaché à une branche d’arbre, une corde autour du cou. Qui est cet homme ? Comment a-t-il fait pour se pendre ainsi ? Meurtre ? Suicide ? D’où viennent les blessures qui recouvrent son corps ? Petit à petit, Marlin et Zeke, son coéquipier, découvrent que Bengt Andersson a un passé de psychopathe ce qui les mènera à Maria Murvall, une amie de Bengt. D’indices en indices, de nouveaux personnages s’ajouteront à l’enquête : les trois frères de Maria, suspectés d’un viol dont leur sœur fut victime, Joachim et Markus, deux adolescents pas très nets, et enfin, Valkyria et Rickard Skoglöf, deux individus marginaux dont les croyances vikings et l’exhibition sur Internet laissent les policiers perplexes.

Mon avis :


Premier opus d’une série consacré à chaque saison, Hiver marque les débuts brillants du commissaire Malin Fors. Mère qui élève seule sa fille adolescente, elle est aussi un commissaire de police apprécié pour ses compétences par ses collègues. Livre lent, très lent au début (il faut faire l’effort de dépasser une centaine de pages avant de vraiment entrer dans le sujet) à l’image du paysage neigeux et glacé qui constitue par sa présence grise et sombre un personnage à part entière.
L’auteur nous fait entrer de plein pied dans la vie d’un commissariat suédois et on s’initie au travail de fourmi que représente une enquête, pas de glamour là-dedans mais une enquête besogneuse, des recherches sur Internet et des interrogatoires très polis.
Ce qui fait la force du roman est le détail accordé aux personnages même secondaires. Par petites touches, Mons Kallentoft apporte un éclairage sur leurs personnalités ou leur ressenti, leur conférant une grande profondeur. On participe à la vie de chacun, on compatit à leurs malheurs, on se réjouit de leurs succès.

Les thèmes abordés sont très riches : la famille, les relations parents/enfants à travers la vie de Marin ou de ses collègues ; la solitude des adolescents livrés à eux-mêmes par des parents négligents ou débordés ; le poison que représente les secrets familiaux et leurs impacts sur la vie des protagonistes.



La fin arrive finalement très vite et on n’a qu’une seule hâte, ouvrir le suivant et poursuivre le voyage en leur compagnie

Brin, David : Sphères de cristal

La nouvelle est un genre littéraire qui convient bien à la science-fiction, en particulier lorsqu'un écrivain de la stature de David Brin s'y attèle. Ce membre des "Killer B's" (traduction littérale : "les B de la mort"), comme les surnomme les journalistes américains et qui comprend, excusez du peu, Grégory Benford et Greg Bear, est un des ténors de la Hard SF qui est la partie de la Science-fiction la plus scientifique et la plus rigoureuse, mais pas forcément la plus ennuyeuse.

Les 9 nouvelles qui forment cet ouvrage le démontrent amplement par la variété des thèmes abordés (rencontre du 3e type, réalité virtuelle, uchronie, spéculation, humour et suspense) et la sensibilité qui s'en dégage, la nouvelle éponyme a d'ailleurs obtenu le prestigieux Prix Hugo en 1985.

Wilson, Robert Charles : Axis


30 ans après les évènements de Spin, les hommes ont franchi l'arc des Hypothétiques et se sont installés sur le Nouveau Monde Equatoria. Lise Adams cherche son père qui a mystérieusement disparu dans sa tentative de résoudre l'énigme des Hypothétiques. Elle est aidée par Turk Findley, baroudeur de son état, lorsque d'étranges cendres se mettent à tomber sur le Nouveau monde. Est-il lui aussi condamné ? Pendant ce temps Isaac, le petit garçon modifié par des extremistes du Quatrième âge est irrésistiblement attiré par l'ouest.

Robert Charles Wilson continue dans ce roman la fresque qu'il avait débuté avec Spin. On y retrouve ainsi certains personnages comme la martienne Suelan Moï ou Diane Dupree devenue une Quatrième âge. J'avoue qu'au début je ne me souvenais plus trop bien de Spin et que ça m'a gêné dans la lecture car j'avais l'impression qu'il faisait allusion à des faits que j'aurais du connaitre. Finalement, le roman forme une histoire qui peut se lire indépendamment.

Comme toujours avec l'auteur le style est clair, facile et agréable et on suit les protagonistes avec attention dans l'espérance de la réponse au mystère des Hypothétiques. Mais comme l'explique l'interview de l'auteur sur le site du Cafard cosmique, ce n'est que dans le 3e volume que cette soif devrait être satisfaite : "Je considère ces trois romans comme une sorte de séquence, un tryptique. Pas une trilogie au sens habituel du terme, une seule histoire racontée en trois volumes".